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Gabriel Kiti,
E je we! E je we!
Mie wôduti aviva hun je we lô!
Ohu dôhe, e waze lô!
Ohon tô nuvô!
E waze lô!
O mie vodan ni waze lô, hon dô nuvô!
Wodun waze lô
Hon do nuvô!
* * ■ E waze lô!!
Quel que soit l’endroit que tu (fétiche) m’indiqueras,
Quel que soit l’endroit que tu (fétiche) m’indiqueras,
Je m’y rendrai.
Car le lieu où se trouve le cadavre d’une personne tuée par le
fétiche, ne doit pas rester désert!
Aussi, quel que soit l’endroit où tu (fétiche) auras tué une per
sonne, nous irons prendre le cadavre!
Il te sied! Il te sied!
Notre fétiche, le tam-tam (nommé aviva) te sied!
Le fétiche vient!!
Le portail est ouvert!
Il vient!!
Que notre fétiche vienne, le portail est ouvert!
Le fétiche vient!!
Le portail est ouvert!
Il vient! !
Enfin le chœur se tait. Des litanies de louanges sortent, intenses et
joyeuses, des bouches des chanteuses, exaltant les fétiches. Puis les assistants
se livrent à toutes sortes de jeux et à la boisson. Les danses et les tam-tams
font rage.
Le lendemain, vers 6 heures du matin, chaque possesseur d’un crâne,
dépose, sur le vase qui le renferme, les plus riches étoffes qu’il possède et,
par-dessus, un très beau chapeau, et l’approche des autres qu’il possède, le
long d’un mur couvert d’une étoffe précieuse.
Deux épées sont placées près de chaque vase, l’une devant et l’autre
derrière. Les assistants et les personnes du dehors admirent les vases les plus
richement ornés et comblent de félicitations leurs propriétaires, les complimen
tant de leur munificence, de la richesse déployée, en l’honneur de leurs morts:
«Vraiment», leur disent-ils à chacun, «entr’autre chose, vous avez bien dépensé,
vous êtes riches, généreux. Vous êtes digne de votre père ou de votre mère,
de vos ancêtres . . . Vous êtes un homme de cœur .. . honneur à vous», etc. . ..
Au contraire, ceux qui ne les ont pas richement ornés sont raillés, mé
prisés, tournés en ridicule. Ils se fâchent et vont emprunter des pagnes et des
ornements plus riches et, à leur tour, ils reçoivent des félicitations.
Les vases de terre contenant des crânes de femmes sont surmontés de
pagnes, de belles perles et de bijoux, parures recherchées du beau sexe.