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Full Text : Vorwort, Text und Anmerkungen

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crire, de voir quelques amis. Cest la que, calme et
mö&me heureuse, parce qu'elle sait son mari et sa filleen
 sürete, Mme Roland &crit ses Memoires et en confie
chaque jour une page ou deux A Yami qui vient la
voir et qui les emporte en secret. Autrefois, M”® Roland
 a sauve la vie A Robespierre; aussi espere-t-elle
qu'il ne la laissera pas mourir; mais Robespierre dechire
 la Jlettre qu'elle lui &crit.
Alors elle envoie A sa fille quelques mots d’adieu
touchants, et, sachant tous ses amis morts, elle s’ap- 10
prete tranquillement a mourir: «Je vous remercie,>
dit elle A ses juges, «de m'avoir trouvge digne de
partager le sort des grands hommes que vous avez
assassines.» Et en passant devant ses compagnons
de prison, elle fait le geste de se couper le cou pour 15
leur apprendre qu'elle est condamn6&e.
Le 8 novembre 1793, & cinq heures et demie du
soir, au moment de la tombe&e de la nuit, V’affreuse
charrette menait A VEchafaud Mn® Roland, calme et
belle. Elle console un vieillard, son compagnon de 20
supplice, et, en passant devant la statue de la Liberte
qwelle a tant aim&e, quelle aime tant encore, la fiere
r&publicaine s’&crie: <O libert&1 que de crimes on
commet en ton noml» Quelques instants apr6s,
Me Roland €&tait morte, sans une plainte, Sans un 25
geste d’effroi.
Peu de jours apres, on trouvait sur une route, non
loin de la maison, od il Etait cache depuis six mois,
le corps de Roland. Sa femme avait devine quiil se
tuerait en apprenant sa mort. A YVhabit du vieillard, 30
ce billet Etait attach6&: «Qui que tu sois, respecte ces
restes, ce sont ceux d’un homme vertueux. En ap-
            
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