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Mais, malgre tous les services quil a rendus,
Condorcet est bientöt en butte aux pers6cutions des
violents, des d&putes montagnards, amis de Marat et
de Robespierre. Il n'est pas Girondin lui-meme, mais
il a pitie des girondins arretes et proscrits et desire
les sauver. Il Ecrit A sa femme ces deux beaux vers
que le grand sculpteur David d’Angers a graves plus
tard sous son portrait en bas-relief:
[ls m’ont dit: «Choisis d’&tre oppresseur ou victime.»
J’embrassai le malheur et leur Jaissai le crime.
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Bientöt proscrit comme ceux qu'il a gEnEreusement
plaints, Condorcet est oblig& de se cacher.
Ses amis le möenent chez une brave femme,
Ms veuve Vernet, discrete et courageuse, chez qui il
ig est en sürete. LA, sa femme qu'il adore et sa fillette
de quatre ans, refugiees A Auteuil, viennent, de temps
en temps, l’embrasser en cachette. Ces rares et courtes
visites sont ses seules joies pendant sept longs mois.
Malgre la bonte€ de son hötesse, malgre& la genezo
rosit& d’un de ses ennemis, du depute montagnard
Marcos, qui, ’ayant reconnu dans Yescalier, veille sur
lui au lieu de le trahir, le proscrit est tres malheureux
dans sa retraite. Il aime sa femme et sa fille plus
que tout au monde, et non seulement il est separe
d’elles, mais encore il les sait presque dans la misere.
Me Condorcet, pour gagner de quoi vivre, est obligee
de venir tous les matins d’Auteuil, & pied, chez une
amie qui demeure rue Saint-Honore, et qui a mis une
chambre A sa disposition; 1A, elle peint quelques portraits
et se procure ainsi, a grand’peine, de quoi suffıre
A son existence et A celle de son enfant. Loin de
se plaindre de cette vie si differente de celle A la-26