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etre a rendre la situation de jLatude encore plus
penible.
Treize ans se sont &coules depuis le matin oüU la
petite merci&re du faubourg Saint-Martin trouvait
devant sa porte le cahier de Latude. L’Academie a
accorde A la vaillante femme un prix de vertu en
re&compense "de son d&vouement infatigable et courageux;
mais le prisonnier est toujours sous les verrous.
Enferm€ maintenant depuis 35 ans! Latude lui-meme
to n’espere plus recouvrer jamais sa liberte.
Seule, M”* Legros ne perd pas courage, ne se lasse
pas un instant, ne desespere pas.
Et elle a raison de ne pas desesperer: le nouveau
lieutenant de police decouvre la verit&, reconnait que
ı5 Latude est injustement emprisonn€, et donne Vordre
de le mettre en liberte.
Apres une vie entie&re de captivite, de souffrances,
le vieillard revoit avant de mourir les champs, les
arbres et le ciel bleu. Les portes de son cachot se
zo rouvrent devant Iui. Au moins n’a-t-il pas connu le
dernier et cruel chagrin de mourir oublie sur la paille,
confondu avec les fous et les criminels. Justice lui
a €t& enfin rendue, tard, bien tard toutefois. Et c'est
a une femme qu'il le doit, & Venergie, & la perseve-25
rance, au courage de M”° Legros...
A partir de ce jour, le roi defendit aux’ gouverneurs
des prisons d’enfermer un homme sans que des
juges leussent condamne, et sans que la duree de
Vemprisonnement füt fixee d’avance.
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