quelques cures traversent rapidement les rues qui
conduisent ä la salle des Etats, Les deputes de la
noblesse ne les accompagnent pas. Ils ne veulent
pas permettre aux bourgeois et aux ouvriers de
S’asseoir ä leurs cötes, comme leurs egaux; et, pour
leur part, les deputes du tiers sont decides A ne pas
dEliberer seuls dans quelque salle spare.
Huit heures sonnent. A ce moment doit s’ouvrir
la seance, mais les d&putes trouvent porte close. La
salle est fermee. Un courrier remet une lettre A ı0
M. Bailly, le president de l’Assemblege; Celui-ci la lit
a haute voix, debout, sous la pluie. C'est un ordre
du roi, decidant que 1a salle des Etats restera fermee
trois Jours; Je quatrieme jour, le mardi, Louis XVI y
tiendra une s&ance royale.
Cette defense de se r&unir irrite les deputes; :ils
refusent d’obeir a V’ordre du roi. Bailly ordonne A la
sentinelle de se ranger et d’ouvrir. Sur le refus du
soldat, les membrenit les plus jeunes essayent d’entrer
de force, Mais Vofficier de service fait prendre les 20
armes & ses hommes, et les deputes renoncent A forcer
la porte, pour &viter un combat sanglant.
Is se consultent sur ce qui leur reste A faire,
Faut-il obeir & cet ordre royal? Resteront-ils sous
la pluie?
Is se decident A ce qui leur parait le plus simple.
A deux pas de l’avenue de Paris, dans une petite rue,
se trouve une salle ou les seigneurs ont install& un
jeu de paume. Ce jeu, qui se joue avec de grosses
raquettes et de petites balles, est tre&s & la mode en 30
ce moment. La salle du, Jen de Paume est humide
et froide; ses murs‘de plätre sont Epgratignes par les
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