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Soudain, tous se regardent, joyeux.
Ce quavocats, medecins, commercants, ouvriers
pensent tout bas depuis longtemps, ce qu'ont parfois
&erit les philosophes, un jeune seigneur le dit & voix
haute A la tribune de l’Assemblee,
Le duc de Noailles propose & la noblesse francaise
de renoncer A tirer profit du travail du paysan, et le
duc d’Aiguillon, un des plus riches proprietaires du
royaume, appuie cette proposition. A Vinstant, les
seigneurs sont prets & sacrifier leurs droits les plus 10
chers qu'ils n’auraient pas, certes, cedes devant des
menaces ni des violences,
Tous se le&vent A la fois. Cest & qui parlera le
premier: «Nous n’accepterons plus de pensions,>
disent-ils. — «Nous payerons les ouvriers qui feront 15
nos routes, au lieu de leur imposer des corvees qui
les empechent de gagner leur vie, — Nous renongons
au droit de juger nos paysans. — Nous voulons &Etre
jug&s par des juges et punis comme le serait pour les
memes fautes un homme du peuple. — Nous n’ach&- zo
terons plus les grades d’officiers; les fils de bourgeois
du de paysans pourront nous commander ä& l’armee,
s’ils meritent des grades plus €leves que nous. —
Que chacun choisisse un Etat A son gre et devienne
3 volonte ouvrier, marchand ou fabricant! Plus de 25
droits de maitrise cherement achet&s; libre a tout bon
ouvrier de devenir patron!»>...
Tour A tour ainsi chacun, au nom de tous, se
prive genereusement d’un droit auquel il est habitue
depuis sa naissance, droit dont ses aleux ont joui de- 30
puis bien des siecles.
En quelques heures, de son plein gre, sans dis-