fenetre. Devant elle, le petit Dauphin, qui n’'a pas
dejeune, dit: «Maman, j’ai faim!» et roule entre ses
doigts les cheveux de sa sceur.
Mais le peuple demande ä voir aussi la reine.
L’idee de se montrer ä cette foule irrit&e, qui la deteste
tant, terrifie Marie-Antoinette. Lafayette, qui
vient d’arriver, lui rend courage en lui montrant ses
enfants: «Ne craignez rien, Madame!» lui dit-il. ‘
Tenant d'une main sa fille et de Yautre son fils,
Ja reine s’avance au balcon. Lafayette la suit et lui 10
baise respectueusement la main. A cette vue, la
foule s’attendrit, les applaudissements €clatent, hommes
et femmes se la montrent, r&petant äa V’envi: «Quoi?
c’est 1a la reine? ... Ahl qu'elle est belle! . .. Comme
elle caresse ses enfantsl» ...
Alors arrivent quelques d&pute&s qui‘ supplient le
roi de consentir au retour ä Paris. Louis XVI cede
enfin et commande sa voiture.
Au moment de quitter Versailles avec sa femme
et ses enfants, le roi est triste et inquiet.
Is partent pourtant, accompagn€s des Parisiennes
restees la veille & Versailles. En arrivant A Paris, la
famille royale se rend ä l’Hötel de Ville. Le peuple
de Paris salue son retour avec tant d’enthousiasme
que Louis XVI et Marie-Antoinette sentent leur in- 25
quietude se dissiper un peu.
2C
XV. La Feäte De La Federation A Paris.
(14 juillet 1790.)
Quelle foule, au commencement du mois de juillet
1790, sur l'immense plaine du Champ de Mars a Paris! 30