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pour cela. Dans la rue Saint-Honore oü passent les
federes, on leur descend par les fenetres du pain, des
jambons, des bouteilles de vin, et ils continuent leur
route reconfortes.
Malgre le mauvais temps, la gaiete et l’espoir reprennent
bientöt le dessus dans tous les coeurs. Meme
la pluie ne saurait gäter. cette grande föte.
Les premiers arrives au Champ de Mars forment
tous ensemble une joyeuse farandole.‘ Venus des
quatre coins de la France, ils unissent leurs mains et
sentent leurs cceurs aussi battre & Funisson.
A trois heures de l’apres-midi arrive le grand cortege.
Sur la place qui, depuis ce jour-Ja, s’appelle la
place de la Concorde, l’Assemblee est venue se joindre
ı5 aux federes. Elle s’est place entre un bataillon de
vieillards et un bataillon d’enfants.
Autour de Tautel, deux cents pretres, ceints de
ceintures tricolores, se tiennent debout. Douze cents
musiciens, disperses dans la foule executent de joy-20
euses melodies.
Soudain, le canon tonne. Les chants, les danses
ont cesse. Le peuple attentif regarde et €coute. Sur
son cheval blanc, Lafayette s’avance vers le roi assis
dans une tribune, en costume simple, sans couronne
25 ni manteau de pourpre. Les nuages qui obscurcissent
le ciel depuis le matin se dechirent; la pluie s’arr@te,
et, sous les rayons brillants du soleil, etincellent tout
ä coup cent mille bafonnettes. Mille bannieres s’€l&-vent
fierement dans les airs. Les tambours battent,
3o le canon retentit, le roi E&tend la main et jure a haute
voix de maintenir et d’observer la Constitution. Et
tout ce peuple assemble, venu des extremites de la