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village, ceux-ci, tout honteux de ce retard dont ils
sont innocents, affilent des faux nuit et jour, forgent
des piques, et, apres s’etre ainsi armes eux-m&mes,
repartent pour le chef-lieu du district, et de la pour
les frontieres.
Tous s’enrölent, vieillards, peres, maris, jeunes gens
et les enfants eux-me&mes. Que de fois un blondin
s’approche, frele gamin, qui se redresse fierement,
assure qu'il a seize ans sonnes (la loi defend d’accepter
des soldats plus jeunes) et, se disant capable de porter 10
un fusil, implore la permission d’accompagner son
pfre ou son grand frere.
Les femmes sont aussi braves que leurs maris, les
Frangaises valent les Francais. Non seulement ä
Paris, mais au fond des campagnes, dans les mon- 15
tagnes du Jura, elles S’offrent & former la garde nationale,
puisque tous les hommes Sont partis.
Partout, elles travaillent aux €quipements, preparent
les tentes, les habits, les uniformes, les objets de
pansement des bless&s. Quand leurs petites chambres 20
deviennent trop Etroites, elles se reunissent et demandent
Vautorisation de travailler ensemble dans
Veglise.
Quelques-unes, non contentes de sacrifier leur
temps et leur travail, veulent donner a la France tout 25
ce qu'elles possedent. Une merciere de la rue Saint-Martin
apporte a l’Assembiee sa croix, son cceur d’or
et son de d’argent, la timbale et les quinze sous de
sa fillette; et le prix de ces dons sert ä acheter de
bonnes chaussures & quelque pauvre soldat. 30
Cost ainsi que la France est defendue par Ses
enfants et quelle sera victorieuse par l’heroisme et le