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Et elle ne croit pas avoir commis de crime en
tuant un homme qui voulait en tuer tant d’autres,
Devant les juges, elle parait si calme et si fiere
quelle a plutöt Fair d’un juge que d'une accusee qui
attend une condamnation certaine,
Elle re&pond heroiquement ä toutes les questions
qu'on lui pose:
«Que haissiez-vous en Marat? — Ses crimes. —
Pourquoi avez-vous tu€ Marat? — Jai tue un homme
‚o pour en sauver cent mille. — Qu'esperiez-vous en le
tuant? — Rendre la paix a mon pays. — Qu’avezvous
A repondre? — Rien, sinon que jai reussl.>
Ici, elle se trompait. Elle avait bien reussi & tuer
Marat, mais non ä faire cesser les meurtres.
Condamnee A mort, Charlotte Corday remercie son
jeune avocat de sa defense delicate et genereuse en
lui disant: «Ces messieurs viennent de m'’apprendre
que mes biens sont confisques; je dois quelque chose
ä la prison; je vous charge d’acquitter ma dette.»
La noble jeune fille devine que ce t&moignage de
confiance et de reconnaissance touchera plus vivement
le jeune homme qu’'un present banal,
En redescendant dans sa prison,-- Charlotte s’excuse,
en souriant, aupres du concierge et de sa femme de
ne pas pouvoir accepter leur invitation & dejeuner.
Puis elle fait appeler un jeune peintre que, pendant
Vaudience, elle a apergu parmi les spectateurs,
et qui a essaye de dessiner ses traits. La jeune fille
lui demande d’envoyer un petit portrait d’elle ä sa
30 famille et s’assied tranquillement, arrangeant son fichu
et son petit bonnet blanc tout neuf. Pendant la pose,
elle cause avec le peintre de choses indifferentes
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