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— M. Capdenac est un terrible homme! Si je lui fais
an pareil affront, il me tuera.
— Cette raison vous arrete?
— Ele en arröterait bien d’autres, ;
— Dans ce cas, laissez-moi faire; jurez-moi seulement
que si j’obtiens le desistement de M. Capdenac, ma cousine
sera libre.
— Oui, monsieur, elle sera libre.
— Bravo! Jai votre parole. Vous permettez que je
me retire. A propos, olı demeure votre Capdenac?
— 100, rue des Deux-Eptes.
— J’y cours. Au revoir.
— Toi, pensa Bouvard, tu vas te jeter dans la gueule
du lion et tu recevras la bonne lecon que tu mörites.
„“‘, Cependant Anatole courait A V’adresse indiquee,
Quand il arriva, il pouvait @tre six heures du matin.
— Drelin, drelin, drelin, drelin, drelin.
— Qui vive? fit une grosse voix a travers la porte.
— Ouvrez. Communication tres grave de M. Bouvard.
On entendit le bruit d’une chaine de süret@ qu'on
deplacait et d’une clef avec laquelle on ouvrait successivement
trois serrures.
— Voilh un homme bien enferme, pensa Anatole.
Enfin la porte s’ouvrit. Et Anatole se trouva en
presence d’un monsieur A la moustache en croc qui portait
pour toilette de nuit un costume de salle d’armes.
— Vous voyez: toujours pret. C’est ma devise.
Les murs de l’antichambre disparaissaient sous des
panoplies. Dans le petit salon ol Capdenac introduisit
son visiteur, on ne voyait que des armes: yatagans, fleches
empoisonn&6es, sabres, Epees & une ou deux mains, pistolets,
tromblons. Un veritable arsenal. 1 y avait de quoi jeter
ie trouble dans une äme timide.