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— Depuis quelque temps, je songeais moi-meme &
rompre ce mariage; mais je ne savais comment m’y prendre.
Je consentirais done bien volontiers A ce que vous desirez;
mais vous comprenez que je ne puis avoir l’air, moi,
Capdenac, de ceder & des menaces. Or vous m’avez fait
des menaces,
— Je les retire.
Alors, c’est entendu.
Voulez-vous 6crire et signer votre desistement?
. J’ai tant de sympathie pour vous que je ne puis
rien vous refuser.
** Muni du precieux papier, Anatole courut chez
M. Bouvard. Il arriva A sa porte vers huit heures du
matin.
Drelin, drelin,
Qui est 14?
Anatole.
Allez-vous coucher! cria rageusement le professeur.
- J’ai le desistement de Capdenac. Ouvrez ou j’enfonce
la porte.
M. Bouvard ouvrit. Anatole Iui remit le papier et
alla crier a la porte de Nicette:
— Cousine, levez-vous, habillez-vous vite et venez.
Quelques instants apres Nicette, fraiche comme l’aurore,
arriva dans le petit salon.
— Qu'y a-t-1 done?
— N ya, dit M. Bouvard, que votre cousin est fou,
Fou, soit! fit Anatole; mais Nicette reconnaitra
que ma folie a du bon, Cette nuit ma chere petite cousine,
j’ai obtenu deux choses: M. Capdenac renonce & votre
main et votre excellent tuteur consent & ce que vous
£gpousiez celui que vous aimez.