— Elle doit coüter cher, se dit Jacques a lui-meme.
N demeure 1A, incertain, se demandant s’il va entrer.
La marchande parait sur le seuil;z c’est une vieille
dame A la figure respectable et sympathique.
Jacques s’avance, et, timidement, designant la poupde:
— Pourriez-vous, madame, me dire le prix de ce jouet?
— Entrez, monsieur, je vais vous renseigner,
Jacques peEnetre dans le magasin apres la marchande
celle-ci ouvre la vitrine, et, prenant la jolie blonde, cor
sulte une Etiquette verte pendue & son doigt.
— Vingt francs, dit-elle!
Puis comme la figure du pauvre homme exprime la
surprise:
- Ce n'est pas cher! Voyez comme elle est belle,
elle tourne la t&te, ferme les yeux, et la couchant dans
ses bras, elle montre A Jacques ses paupieres bauissees.
Il regarde, et il lui semble voir sa fille endormie.
Sa main presse desesperement le porte-monnaie.
— Non, fait-il enfin, je ne peux pas, c’est trop cher!
Une telle douleur se lit sur son visage que la vieille
dame Emue lui demande:
— Cgtait pour votre fille?
- Oui, madame, et malheureusement je ne Suis pas
riche. Je suis teneur de livres; n’ayant qu'une maison,
j’ai bien du temps ä moi. Jen ai bien cherche d’autres,
mais voila, je n’ai jamais eu de chance, je n’ai pas trouve.
Ce que je gagne est peu de chose. Aussi, pour que la
petite ne manque de rien, je porte longtemps le mö@me
habit et l’on sourit en me voyant passer; mais cela m’es
Egal. Une caresse de ma fille me fait oublier ces petites
miseres. Et, pourvu quelle soit heureuse, je suis heureux
aussi. C’est demain la No&l. Elle aime les jouets, je le
gais, ses yeux parlent pour. elle, quand nous Sortons nous