Souvent quand tout Gtait tranquille je fermais brusquement
mon pupitre avec un bruit formidable et si l’on me
grondait je repondais invariablement: “Mais M’sieu ca m’est
Echappe!“ D’autres fois je remplissais d’encre un cornet de
papier, puis, je le fermais soigneusement et le faisnis Circuler
dans la classe; notre professeur ordonnait alors de le
lui apporter, il croyait intercepter des bonbons; mais quand
il V’ouyrait l’enere se yepandait sur ses mains et sur sa
table. Nous trouvions cette plaisanterie bien amusante.
Enfin quelquefois, je profitais de ce qu'il Etait absorb&
dans ses meditations pour attacher une möche de
ses cheveux postiches au dossier de sa chaise, et, quand
ü se levait, sa perruque tombait pendant que nous riions
aux €Eclats.
Nous etions bien souvent privcs de sortie; mais nous
nous tions tant amusgs que la punition ne nous paraissait
pas trop forte.
Vous pensez peut-&tre que j’ai mal fait de me conduire
de cette facon, mais quand vous alliez A l’Ccole ne faisiezvous
pas de meme? Etiez vous toujours appliqug et
D’agaciez-Vous jamais vos maitres?
Aujourd’hui, il est vrai, quand je pense combien ce
pauvre homme se donnait de peine pour nous, je
me repens du mal que je lui ai fait et je rCpete avec le
po8te:; “Cet äge est sans pitig.“
LXERCICE 94.
Kemplacer la premiere personne dans le morceau precedent
par la deuxieme et vice versa.