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Full Text : Anthropos, 16/17.1921/22

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P.  P.  Schumacher,

La  Phonétique  du  Kinyarwanda.
Par  le  P.  P.  Schumacher,  des  Pères  Blancs,  missionnaire  à  Kabgayi  (Rwanda,  Est  africain,
Mandat  Belge).
Quand  on  peut  appuyer  les  preuves  d’une  thèse  sur  l’autorité  de  Platon
et  d’ÂRiSTOTE,  la  moitié  de  l’argumentation  est  faite  du  coup.  Le  fond  de  toute
prononciation  sont  bien  les  voyelles  et  les  consonnes,  et  nous  sommes  heureux
de  constater  que  déjà  le  Stagirite  fit  la  distinction  entre  (piovr^vra  et  a<pœva.
Les  philosophes,  eux,  éprouveront  un  certain  regret  de  savoir  leur  maître
dépassé  en  phonétique  par  les  Indiens,  voire  même  ceux  de  l’antiquité,  mais
ce  sera  une  satisfaction  de  plus,  entre  autres,  pour  nos  mathématiciens.  On
lit  avec  surprise  que  les  anciens  grammairiens  de  l’Inde  parlaient  déjà  de
gutturales,  palatales,  linguales,  dentales  et  labiales.
Quoi  qu’il  en  soit  des  alphabets  ainsi  formés,  on  n’avait  en  vue  que
des  besoins  particuliers;  dès  que  parut  la  linguistique  avec  sa  science  comparée
des  langues,  on  constata  la  nécessité  de  fonder  les  observations  sur  une  base
uniforme  et  précise,  à  l’instar  de  l’unité  dans  les  sciences  exactes,  et  de  là
nacquit  «l’alphabet  linguistique  général».
De  fait,  un  alphabet  scientifique  demande  un  peu  plus  d’acribologie
que  n’en  présentent  nos  grammaires  ordinaires,  si  parfaites  qu’elles  soient
en  leur  genre:  «En  leur  genre»,  dis-je,  c’est  nous  montrer  assez  qu’elles
servent  à  des  fins  particulières,  non  plus  «générales».
Qu’on  se  rappelle  un  tableau  synthétique  comme  celui-ci:

Les  «mediae»  sont  bien  «explosivae»,  mais  nullement  «mutae»,  puisque  leur
prononciation  est  effectuée  avec  une  légère  vibration  des  cordes  vocales;  par
contre  les  «aspiratae»  sont  bien  «mutae»,  mais  non  «explosivae»  ;  en  revanche,
elles  sont  aussi  «continuae»  que  les  «spirantes»  et  le  malheureux  a  se  plaît
mal  parmi  les  «semivocales».
On  se  rend  compte  que  des  groupements  pareils  excèdent  un  peu  des
«fins  particulières»  légitimes.
La  grammaire  latine  tient  le  pas:  Ph  lui  paraît  une  «muta»,  mais  /  une
«semivocalis»;  de  plus,  ph  est  «aspirata»  (par  illusion  optique  sans  doute  à
            
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