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P. P. Schumacher,
La Phonétique du Kinyarwanda.
Par le P. P. Schumacher, des Pères Blancs, missionnaire à Kabgayi (Rwanda, Est africain,
Mandat Belge).
Quand on peut appuyer les preuves d’une thèse sur l’autorité de Platon
et d’ÂRiSTOTE, la moitié de l’argumentation est faite du coup. Le fond de toute
prononciation sont bien les voyelles et les consonnes, et nous sommes heureux
de constater que déjà le Stagirite fit la distinction entre (piovr^vra et a<pœva.
Les philosophes, eux, éprouveront un certain regret de savoir leur maître
dépassé en phonétique par les Indiens, voire même ceux de l’antiquité, mais
ce sera une satisfaction de plus, entre autres, pour nos mathématiciens. On
lit avec surprise que les anciens grammairiens de l’Inde parlaient déjà de
gutturales, palatales, linguales, dentales et labiales.
Quoi qu’il en soit des alphabets ainsi formés, on n’avait en vue que
des besoins particuliers; dès que parut la linguistique avec sa science comparée
des langues, on constata la nécessité de fonder les observations sur une base
uniforme et précise, à l’instar de l’unité dans les sciences exactes, et de là
nacquit «l’alphabet linguistique général».
De fait, un alphabet scientifique demande un peu plus d’acribologie
que n’en présentent nos grammaires ordinaires, si parfaites qu’elles soient
en leur genre: «En leur genre», dis-je, c’est nous montrer assez qu’elles
servent à des fins particulières, non plus «générales».
Qu’on se rappelle un tableau synthétique comme celui-ci:
Les «mediae» sont bien «explosivae», mais nullement «mutae», puisque leur
prononciation est effectuée avec une légère vibration des cordes vocales; par
contre les «aspiratae» sont bien «mutae», mais non «explosivae» ; en revanche,
elles sont aussi «continuae» que les «spirantes» et le malheureux a se plaît
mal parmi les «semivocales».
On se rend compte que des groupements pareils excèdent un peu des
«fins particulières» légitimes.
La grammaire latine tient le pas: Ph lui paraît une «muta», mais / une
«semivocalis»; de plus, ph est «aspirata» (par illusion optique sans doute à